FOXY BRONX

WAGES OF SIN (THE)

Mille Peccati… Nessuna Virtu’ (aka The Wages Of Sin aka Mondo Sex) est à la genèse d’une série de docu-fictions pseudo socio-anthropologiques, marquant la collaboration des frères Martino. Sous couvert d’étudier les pratiques et dépravations sexuelles du XXe siècle, cette anthologie est un énième avatar de la mouvance Mondo Movie (à prendre ici sous sa forme la moins graphiquement violente). Sergio est crédité à la réalisation de ce premier épisode entièrement tourné en Europe, on notera que ce film marque d’ailleurs ses débuts derrière la caméra. Tout laisse cependant à penser que les deux hommes ont partagé à part égale les tâches de production et de mise en scène sur trois de ces Mondo Movies. Marcello Avallone ayant réalisé le quatrième en collaboration avec Luciano Martino.

Comme souvent au visionnage de ce genre d’études de mœurs, formatées dans un même moule et conçues comme des patchworks de scènes chocs imbriquées les unes aux autres, sans réel fil conducteur, le contenu sonne ici affreusement daté. Pire encore, il flotte un relent de racisme moraliste, d’anti-jeunisme, d’homophobie et de conservatisme bigot consternant qui fait froid dans le dos. C’est toute la bonne vieille Europe qui replonge pour l’occasion dans un océan de stéréotypes culturels : drogués, homosexuels, obèses, vieux pervers libidineux, pré-ados fumeurs de joints, go-go danseuses aguichantes et marginaux de tous poils formant le gros des troupes de cette improbable cour des miracles. Le recul aidant, avec tout le second degré qui s’impose, on reste ici interloqué, entre rires et stupéfaction, devant le bidonnage éhonté de certaines séquences. La séance de satanisme psychédélique avec la vierge effarouchée livrée à une meute de figurants arborant peintures de guerre et casques de vikings, celle des trains de la société de chemin de fer allemande transformés en lupanars ou encore les courts de strip tease pour vieilles dames françaises bon chic bon genre touchant presque au surréalisme.

Bonifié par Peppino De Luca, qui signe, au travers d’une partition easy listening trempée dans un groove décapant, un de ses meilleurs soundtracks, ce Mondo Sex qui n’engendre pas la mélancolie, pour toutes les mauvaises raisons précédemment évoquées, se regarde avec les plus grandes réserves qui s’imposent.

MILLE PECCATI... NESSUNA VIRTU

MILLE PECCATI... NESSUNA VIRTU

MILLE PECCATI... NESSUNA VIRTU

MILLE PECCATI... NESSUNA VIRTU

MILLE PECCATI... NESSUNA VIRTU

MILLE PECCATI... NESSUNA VIRTU

MILLE PECCATI... NESSUNA VIRTU