FOXY BRONX

PROFESSIONALS (THE)

Fondés à Singapour dans les années 50, les studios Kong Ngee ont connu leur heure de gloire dans les sixties en produisant des mélodrames romantiques et des petits thrillers urbains. Ce Jin Ou (1967), parodiant l’univers des James Bond, rentre dans cette seconde catégorie de films à petit budget.
Dès l’introduction, reprenant les accords du Beat Girl de John Barry, essence du cool en matière de soundtracks infectieux, le ton résolument hype est donné. Le réalisateur Chan Man privilégie ainsi les ambiances lounge et choisi de s’attarder sur la « branchitude » de ses héros poseurs. Liu Chia-Liang, aperçu dans le rôle d’un second couteau, ne s’y trompe pas en règlant ses efficaces chorégraphies comme un ballet glamour où la pop attitude finira toujours par l’emporter sur le réalisme un peu cru d’un kung fu habituellement trop démonstratif.
Ici âgée de 20 ans, Josephine Siao, l’ex enfant star du cinéma hongkongais, s’est illustrée à l’époque dans une série de films parodiant l’univers des Avengers ou mettant en vedette des héroïnes masquées. On citera notamment son incarnation d’une Bat Girl dans The Lady Killer et ses rôles de justicières exaltées dans Blue Falcon, Golden Skeleton, ou Maiden Thief. Pour cette histoire de gangsters très classique se focalisant sur les rivalités d’une triade de mafieux à la recherche d’une valise de pierres précieuses très convoitée, l’actrice retrouve son habituel partenaire de l’époque, Patrick Tse Yin. Chanteuse de cabaret, la belle aventurière usera de son charme pour mener par le bout du nez, dans un jeu du chat et de la souris, le populaire acteur. Dans un ultime climax final, elle damera le pion à son équipier de choc, en prenant la poudre d’escampette avec le magot si convoité.
Avec ses décors un peu chiche, son esthétique désuette et son intrigue minimaliste, Jin Ou conserve aujourd’hui encore le charme rétro de ce cinéma d’exploitation asiatique kitsch et vintage, si cher aux fans de cultures populaires.

JIN OU

JIN OU

JIN OU

JIN OU