FOXY BRONX

SUPERVAN

Au côté des films de pom pom girls cheap made in Malibu et des beach movies pour collégiens attardés, la seconde partie des années 70 couronne l’ère des road movies joyeusement crétins. Le week end les drive-in se remplissent de teenagers frustrés, en quête de sexe et de sensations fortes. Des films hativement bricolés comme comme The Van (1977) ou Van Nuys Blvd (1979) y attirent les amateurs de bolides chromés et de courses de dragsters. Dans ces nanars, généralement imbitables, les héros, qui sont forcément boutonneux et frustrés, trompent leur ennui en rêvant de pin-up californiennes et de gros cubes étincelants.
Supervan (1977) n’échappe pas à cette règle mais derrière ce vieux cliché-là, c’est surtout l’aspect documentaire de cette petite production qui ravira toute une génération de nostalgiques élevés dans la culture du tuning. Cette série Z qui s’attarde en effet longuement sur les décorations à l’aérographe et les intérieurs capitonnés d’engins customisés par des gosses de riches, se regarde ainsi comme le précieux témoignage d’une époque révolue.

Dans un bled paumé, quelque part dans la campagne profonde du Missouri, un champ à vaches boueux sert de terrain de jeux pour la compétition annuelle de la plus belle camionnette de la région. Dans ce décor bucolique, l’intrigue de Supervan nous invite à suivre les tribulations du bellâtre Clint et de son ami ingénieur, concepteur de Vandora, véhicule révolutionnaire fonctionnant à l’énergie solaire.
Après s’être porté au secours d’une donzelle effarouchée, violentée par un trio de bikers bêtes et méchants, notre héros inscrit au concours le fameux engin expérimental. Le père de sa ducinée, qui entend bien s’approprier le fourgon futuriste, tente alors de lui mettre des bâtons dans les roues en engageant un rival jaloux. Par un inepte enchaînement d’évènements, Clint se retrouve au centre d’une course poursuite qui l’oppose à la police du coin. Brièvement incarcéré, il devra son évasion spectaculaire du sordide poste de police local à Vandora et son puissant canon laser. Après avoir vécu quelques péripéties sans intérêt, notre jeune premier raflera finalement le trophée tant convoité du meilleur van du conté.
Entre temps, une apparition éclair d’un Charles Bukowski lubrique, parachuté au milieu d’un concours de tee-shirts mouillés, aura contribué à définitivement classer cette bisserie dans la catégorie des oeuvres hautement frelatées du cinéma populiste américain.

SUPERVAN

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